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oh sûr

oh sûr
qu’on l’attend
le guette
le poème qu’on lancerait
d’une pichenette paresseuse
du haut d’un balcon


zwouifff


le poeme qu’on laisserait
comme un frisbee
vif et gracieux
accomplir
un arc parfait
au-dessus de la plage


mais y a toujours quelque chose
d’entravé
de gauche
de pensé
d’effrayé peut-être
d’être tout près de quelque chose
qu’importe la forme
classique
libre
ou tout autre


des élans
des départs
et pas toujours d’arrivées


des pulsions vers l’impossible
qui rappellent souvent
les premiers hommes volants
leurs ailes en cartons
et leurs gamelle pharamineuses
en noir et blanc


dire combien elle est tenace
envoûtante
et bien rapace d’energie
cette tentation
de le balancer enfin
le poème comme un frisbee
l’arc parfait
qu’irait splasher son orbe
au-dessus des lunettes noires

qu’après on peut sourire
et rallume sa clope

c’est rare


pas mal de pétards mouillés
comme pas mal d’existences


tiens aujourd’hui il pleut
ça ramène les touristes en ville


la rue
est pleine
de pétards mouillés


comme ma clope

19 mai 2008 - 2 commentaires
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les livres qui sont fait pour toi

la chose a pas faire
c’est dire a quelqu’un
“il faut que tu lise ça
c’est fait pour toi”


immanquablement
ça le fera pas
pour lui/elle
ou toi
dans le sens inverse


j’ai éprouvé la chose


ce qu’un percevra
au-delà des lignes
l’autre l’entendra pas


les livres
ils s’abordent
seul


pas facile
hasardeux
décourageant
avant de tomber
sur celui
qu’a la note particulière

qui sera le premier
que tu rencontreras

qu’aura la note qui va te chanter
la note qui tinte
a la bonne place
au bon endroit
au bon moment
qui dit
que c’est fait pour toi


et cette note-là
appellera toutes les autres
qui lui ressemblent
un peu

de loin

qui appellerons d’autres notes
d’autres voix
et des quatre coins de la terre

et plus tu t’enfonceras dans la forêt
mieux tu les rencontreras
a cinquante mètres
a l’instinct
ceux qui sont fait pour toi


tiens je viens d’en finir
avec la crucifixion
que je m’étais promis de relire
dans sa musique
en vo
the rosy crucifixion
d’Henri le bridé
l’asiate
cette vieille anguille de Miller
ce grand détaché rieur
a l’humour ficelle
au bagout métaphysique
henri le joueur
henri qui risque
qui flanque sa démission
a la stable routine
a l’impasse
au mariage
a la mort lente
henri qui sait que c’est là
que c’est ça
qu’il va écrire
en tournant au coin de la rue


henri qui jongle
tape l’un pour rembourser l’autre
mais henri qu’a la foi
henri qui panique pas
quand beaucoup
seraient revenu dans le rang
se seraient rendu
a la vie civile
si je puis dire



henri le gambler


il a joué gros
il a raflé gros


peut-être bien
le premier des “autofictionnels”en genèse
que je connaisse
qu’a pointé les dangers sociaux
de l’ecriture
pour seul salut


combien de destins
(C’EST ELLE OU MOI!
au-dessus du gosse en larmes)
s’affaissent soudain
comme le nez qui pique
de tout son nez
au fond du verre


combien de casanovas de banlieue
accepteraient de devenir maquereaux
tout lâcher
et qu’arpentent les dimanches
encagés dans le mariage


tiens
je tente une image
grosse de symbole


tu traverse un pont
une jeep pile
un sergent yankee te crie
hey boy!
je compte jusqu’a trois
si a trois
t’as pas sauté a l’arrière
it’s your business
not mine!


one
two
three (free?)


henri

il a sauté


tu veux une vie réussie
mieux
un accomplissement?

en voila un



trente ans après
la crucifixion
c’est toujours pour moi

12 mai 2008 - 2 commentaires
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ceci n’est pas un poeme (3)

au risque de passer
pour un grognon terrien
rumineur d’archaismes
en ce jour de unes
et manchettes/anniversaire
type “un an déjà”


toujours elle apparaît

indevissable

dans un grincement d’armoire

en fin de passion
d’épopée
de geste
quand le vent est retombé
en haut des hampes
où pendouillent les drapeaux

comme a reflué la hola glorieuse
qu’a porté au triomphe
le dernier président
et comme se serait aplatie
immanquablement
la fraternité imbécile
et bonhomme
qui portait son opposante


la silhouette de l’huissier

par tous temps tous regimes
indeboulonnable

chef de contentieux
clerc poussiéreux
porteur du grand livre
tabellion des inventaires
fondé de pouvoir de l’inenvisageable
maître des pendules
ralentisseur des marées
démonteur d’orages
liquidateur d’esperance
apposeur de tampons
aux affaires classées de l’utopie
glisse pli de la fin du rêve
faillitaire des féeries
étouffeur de lyres


majordome de chez Borniol
aux pas secs qui résonnent
acccompagnés parfois
d’un heurt de tubulure
au fond d’un couloir


t’inquiète
même par grands vents
de poussières rouges
dans les colonies martiennes
où quelques trompe la mort
auront repoussé la frontière
se croyant bien a l’abri du vent
dans les quiétudes de l’exil

il sera pas loin

avec un peu de retard au rendez-vous
comme l’intendance
et ses problèmes d’intendance
ses couinements de chariots aux archives
ses serinettes d’os qui craquent
ses chochotis d’antichambre
ses murmures notariaux
prudences cauteleuses
et froissements papelards
 

mais il sera


missi dominici
de la réalité minime
messager de l’etain du ciel
et de la porte entrouverte

qui débranche le son


pour la mieux entendre
tomber

la pluie


parapluie/serviette
et chapeau magrittien

5 mai 2008 - 6 commentaires
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nul besoin

nul besoin
d’être un héros
un maître du temps
une mécanique de combat
qui parie sur ses tendons
un solaire
un pur sang
de soixante dix ans
a la tête de mille chevaux
ou du Berliner orchestra
un inentamé
par le doute et le temps
qu’a pas peur
de boire
là où boivent les loups


(encore que
encore que)


pour ne pas l’eprouver
cette part insaisissable
cette intirable évanescence
avec ses risques de chance
qui s’amenuisent
a rattirer les fantômes
dans ce vide qui résonne
qui ouvre les bras
accueille
dis entre petit
entre
fais claquer ton talon
fais le parler
ton pas seulâbre
voir ce qu’ils racontent
tes échos
sous le tir irrégulier
des néons du parking
au niveau 5


nul besoin d’être un héros
un révélé soudain
spartacus qui se decadenasse
dégrafe le ciel
en tordant le destin
au coin de la rue


pour ne pas l’oublier
ce vide qui sépare
relègue
éloigne
quand une cavalcade
en volée d’escaliers
atterrit en rires
dans un porte bousculée


encore des rires
un couple
jeune
un moteur qui crie
des hurlements de virages
a l’assaut de la nuit


nul besoin d’être un héros
un force foraine
taurine
inoxydable

pour ne pas la  savoir

devant un distributeur

tordus nos reflets
renvoient l’absence
qui nous est
comptée







et merde
qu’est-ce que j’ai fait de mes clefs?


2 mai 2008 - 2 commentaires
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o anna/Hannah

anna
hannah?
qu’importe


o anna/Hannah

nous sommes tombés de quel siècle
quel effroyable égout
quand tournoyaient les pushers
sur des proies identifiables


o anna/hannah
revient pourquoi ce nom-là
cette lancinance?
qui me dit
rien de toi

j’ai pas de visage
a mettre sur ce son-là
mais t’es là

anna/Hannah


on aura perdu des siècles
toi
moi


anna/hannah


hey!waitaminute
waitaminute

tu sais comme
quand ils freinent en dérapant
nuage de poussière
sur leurs pattes arrières
les bug’s bunny pushers
qui te dansent autour
laissent entrevoir
toute la pharmacie
la confiserie magique

hey!waitaminute
waitaminute


o anna/Hannah


dans le crépuscule
des mégalopoles
assiégées par des ondoiement d’alarme
quand glissent les refroidis de la nuit

va y a en avoir
beaucoup
autour des poudriers
des élites névrosées
comme autour des baskets trouées
et des pneus usés de la dépression

de plus en plus
des petits bug’s bunny


anna/Hannah
ce bruit de l’aube
ce a
tout est là
dans ce a
premier
ce a qui n’avance pas

comme les jours fatigués
d’attente aux caisses
quand le capital
parie sur notre patience
et deux trois postes vacants


ce a
qui n’avance pas
qui peine a mûrir
expire comme un convoi a l’arrêt
quand on aspirait
il a des siècles
tout le ciel
dans ce son qui s’insinuait
réverbérant ses ondes
dans un soleil de gong
et de gloire


o anna/hannah


j’ai du te laisser quelque part
quand tournoyaient les pushers
tout autour de nous
proies identifiables


quand nous étions
toi
moi
et lion
et lionne
et royaux de cuivre


dans l’herbe sèche
et craquante
de l’afrique

25 avril 2008 - Aucun commentaire
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deux d’un coup et je vous fiche la paix pour la semaine (2)

ohoh missize Heartfrosted
pourquoi ce regard en feu
en fuite
dans ce profil qui file
qu’a coupé là
que craigniez-vous alors
sous la victorienne ombrelle
qui vous cachait les lumières
de la ruelle rouge?
d’une moue crâne
d’interlope
ou de flic en planque
je ne vous bloquais pas le pas


 ohoh missize heartfrosted
what are you looking for
que cherchez-vous
la pureté
la folle droiture
quelle blancheur liliale
biologique
comme je cherche
attend
la note
lancée vive
dans un phrase
qui serpente
bien
et haut
une zébrure
un trait une trace?


 ohoh missize Heartfrosted
vous ne portez pas
de hauts talons
mais vous dansez encore
missize Heartfrosted
avec d’assez souples
et sauvages façons de panthère outrée
de peur farouche
a tendre les tendons

missize Heartfrosted
quelle carte avez-vous a rendre
a ficher
comme une amazone de la mort
d’une section spéciale
dans la gorge tranchée
de l’intrus
de l’ennemi
qu’osa vous approcher


ohoh missize Heartfrosted
sur les années
qui sont tombées
a fracas
comme d’immenses cubes noirs
vous avez marché /dansé
d’une danse sans bruits
sans musique
maudissant la glace de l’armoire
qu’on remarque aucune alerte
dans le cheveux teint
qu’aucun son s’echape
de la poitrine sèche
et pas celui de l’épée
frappant la pierre des dalles
et qu’a ordonné
l’inflexible et roide cadence

missize Heartfrosted

mes mots
que vous ne vouliez pas entendre
bah
a l’oreille
ils font du bruit
s’agitent
frétillent
s’amusent
se ramassent
tombent pas toujours au bon endroit
comme un trousseau de clefs qu’on échappe
ils gigotent


ils ont pas l’air
tout a fait morts


pas encore missize Heartfrosted
pas encore


vieille mademoiselle heartfrosted



OLD MISSIZE HEARTFROSTED!

21 avril 2008 - Aucun commentaire
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deux d’un coup et je vous fiche la paix pour la semaine (1)

les soupirs hydrauliques
l’enclenchement des portes
d’un bus de nuit
sous la pluie du boulevard
vous abandonnent toujours
comme après le passage
des fureurs du temps
ses crispations
tachycardies
sociales politiques
menaces
terreurs
avec le sentiment
que rien changera vraiment un jour
dans l’empilement des fatalités

qu’on peut que supputer
la trajectoire des roquettes
dans la prochaine zone du pire
en pariant bien fort
qu’elles tombent pas
trop près de nos calculs

alors que hurlent
les clignos de l’occident
qu’on dirait un flipper qui s’affole
qu’arrête pas de lâcher
des parties gratuites


qu’elles nous économisent
encore quelques coins
où on viendra pas nous chercher

derrière une vitre
l’oeil sur le jardin
arrêté par une goutte
qui ne cesse de renaître
au bout d’une feuille

et qu’abat son entêtant
ploc
ploc
ploc
dans l’eau du seau
bien après que la pluie
mouvement fantôme
a retiré ses rideaux


comme en encoignure
s’est retirée sans doute
une fille
que j’aurai bien aimé rencontrer


bah tant pis
elle aura attendu sous la pluie


mais le “poeme”
est là


21 avril 2008 - 4 commentaires
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hello

exilés en grimoires
au nez qui pendouillent


ricaneurs solitaires

hoquetant exégètes
de la phrase en exergue


chercheurs a  la page 987 alinéa 8
de la notulette renvoyant au chapitre précédant


 rongeurs
de n’importe quelle constellation

piques-lune toutes catégories

embarqués sans boussole
par méandres
et circonvolutions paraboliques


 arraisonés par l’absurde
a quintuple tiroirs
(abus dangereux
accélère la sénescence mentale)


compilateurs de l’inutile


 termitovores envoûtes


 grââlistes en extase
sur un vers du onzième siècle


talmudistes en balançoire


poètes sardoniques


mystiques sauvages


sursauteurs epileptoiques
en douteuse auto-analyse


alcooliques
éloignés des femmes


désaxes
déjantés
démâtés
déstabilisés
désamorcés
décalés
déclassés
déconfits
décrépit
dédaignes
défaits
dégénérés
démis
démotivés
déjetés
déprimés
déroutés
dévalorisés
délocalisés
désocialisés
dévitalisés
dévirilisés
décalcifiés
désenchantés
désincarnés
décédés déjà
démobilisés
défroqués



défoncés



malheur a qui
ne fut pas élu
par le bel été


malheur
a qui
ne fut pas
le bel amant
de la st jean


HELLO!

brothers!

17 avril 2008 - 8 commentaires
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il est une zone

il est une zone

sorte de
triangle des bermudes
périmètre magnétique
qui invite
presse
ordonne
par ses placards hurleurs
de chiffres de réductions
comme les derniers cris de  secours
d’une saison en soldes
une saison qu’on aurait raté
une part de notre vie
qu’on aurait loupé
comme une offre exceptionnelle
qu’on aurait manqué


une zone qui appelle
au ralentissement
quasi instinctif
obligatoire


un territoire traversé
par une sourde agression
une tétanie
sans barrages de contrôle
sans présence


une lande suburbaine
que je préfère éviter


il est là
le silence
le TRES grand silence


qui s’est abattu comme après un bombardement
une désertion d’entrepôts
magasins
galeries
un silence d’abandon
qu’a soufflé la station martienne
qu’il y a plus un milky bar d’ouvert


des enseignes jaunes
qui tentent une dernière partie
avec le soleil
des bunkers de verre
qui le relaient
des serpents de néons
roses rouges verdâtres
dans un crépuscule de Floride


jusque dans les années quatre-vingt
des affiches d’étoiles
aux lettrages flashy d’une Amérique fatiguée
qu’aurait comme laissé pousser
les excroissances bizarres
d’une gigantesque bonbonnière
après l’evacuation
de la dernière base de l’otan


petits drapeaux triangulaires
qui ricanent sous le vent
le long de banderoles
de concessionnaires en faillite


une zone de chalandise
de non réponse
de cadenas et de rideaux de fer
baissés


une porte qu’on peut toujours
s’acharner sur le loquet
qu’on a fait le tout du bâtiment
et que
oui
oui
c’est sûr
y a plus personne
(mais y avait-il déjà quelqu’un?)


si j’étais un de ces bûcherons
curé de choc ébloui
ravi
par un mouvement
qui vient de loin
c’est là
que j’irai poser la cantine
en sortirai ciboires et crucifix
a l’argent plus vif
que les revolvers les plus chers
sur un parking désert


mais j’ai pas de dieu
pas d’ahan
au ventre au coeur
a fendre
la table des ripailles


seulement des bruits qui répondent


une canette dont se rigole le vent
d’une poussette de prospectus
en froissements d’oiseaux


et un couinement de roulettes
de caddy a la dérive
me persuade
qu’il n’effraiera pas
le pas
du cheval mongol


en attente du feu vert
par la vitre baissée
le temps de tendre le bras
pour libérer
une cendre a ma camel


sur mon poing gauche
se bloquent

les serres
d’un faucon noir



a Merignac

dimanche

14 avril 2008 - 1 commentaire
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ceci n’est pas un poeme (2)

hier présidait aux manchettes de ce journal
son éminence
l’embagouzé Philippe Sollers


minute
j’ai l’air comme ça de me foutre de lui
mais j’enlève pas deux trois virgules
a la moindre de ses réflexions
ibid pour BHL
beaucoup moins en son temps
pour Jean -Hedern Hallier

mais ils ont/avaient en commun

en depit des passés
qu’ils ont toujours pourfendu au coeur
dont ils ont toujours été prompts
 a faire table rase
d’être les chanceuses survivances
de l’ancien regime
a savoir:
être bénis par un coup de bol magnifique
une aura royale
un projo divin
qui les nimbe depuis le berceau


en somme
la bonne fée
the good luck


avoir tiré le bon numéro
a la loterie cosmogonique
de la bonne naissance
la bienveillante extrace


en un mot
 être beaux
intelligents
cultivés
brillants
talentueux
raffinés
incisifs
lumineux
épéistes
prescients
pressentis
choyés
élus
parrainés
riches
célèbres
 voix que l’on écoute
 paraphes que l’on remarque
au bas du présent
et qui compteront
au bas de l’avenir
même allongés
ils seront pas tout a fait morts

privilège de pousser
 un jeton d’immortalité d’avance
sur l’humanité laborieuse
en expectative attente
devant son café croissants
dans les matins hivernaux
quand un enmerdeur
laisse la porte du café ouverte


la bonne fée
vous-dis-je


avoir rencontré
connu aimé
des femmes
belles
intelligentes
cultivées
brillantes
talentueuses
raffinées
incisives
lumineuses

and so and so


toujours la bonne fée


alors
que demande le peuple
la lune?
bien tout ce qui lui reste



on the curb
peuple reste
peuple est


a la roulette génétique
lessivé
repassé toujours


a lui les rencontres improbables
les passions veules
les destinées verrouillées
les plaisirs mesurés
les joies incertaines
la télé en fin de course
au son qui deconne
qu’on s’entend plus
les femmes dépressives
les gosses qui braillent
les horizons qui rétrécissent
les bonnes et les mauvaises journées
qui jonglent avec l’angoisse
l’étain des nuages
et les monocles d’eclaircies
entre l’attente aux caisses
les pneus a changer
et la petite pute en fin de mois


oh je dis pas ça par jalousie
ressentiment social
accablement de classe
son determinisme
(quel doux mot ,beuark!)
(je suis pas fan de Bourdieu
et sa prose couleur muraille
compilatrice des fatalités
entasseuse des tristesses
aussi somnolentomonotone
que les dialogues de la nouvelle vague)
ni par abus de pernod populiste
avec cette raucité
en fond de gorge
des laissés sur le parking
le cric a la main


force est d’avouer
une frontière au quotidien
infanchissable
invisible
toute herissée pour lui
pleines de tessons de bouteilles
et de serpents a sonnettes
au peuple

sous toutes les latitudes
régimes
révolutions
un no trespassing congénital
qui l’empêchera toujours
de rejoindre le club
des immunisés a la sueur au sang
au goût d’en finir
ou plutôt
que ça finisse
le plus tôt possible
au bout des découragements
rongeurs d’espace
et de viduité immense
quand il essaiera de fourguer
un lot de superbes “france loisirs”
sans jaquette
au prochain vide grenier


pour lui
 au jeu des huit milliards d’erreurs


c’est un juste
un peu plus dur

11 avril 2008 - 4 commentaires
Classé dans : art/culture Tags: none
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