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oh sûr

oh sûr
qu’on l’attend
le guette
le poème qu’on lancerait
d’une pichenette paresseuse
du haut d’un balcon


zwouifff


le poeme qu’on laisserait
comme un frisbee
vif et gracieux
accomplir
un arc parfait
au-dessus de la plage


mais y a toujours quelque chose
d’entravé
de gauche
de pensé
d’effrayé peut-être
d’être tout près de quelque chose
qu’importe la forme
classique
libre
ou tout autre


des élans
des départs
et pas toujours d’arrivées


des pulsions vers l’impossible
qui rappellent souvent
les premiers hommes volants
leurs ailes en cartons
et leurs gamelle pharamineuses
en noir et blanc


dire combien elle est tenace
envoûtante
et bien rapace d’energie
cette tentation
de le balancer enfin
le poème comme un frisbee
l’arc parfait
qu’irait splasher son orbe
au-dessus des lunettes noires

qu’après on peut sourire
et rallume sa clope

c’est rare


pas mal de pétards mouillés
comme pas mal d’existences


tiens aujourd’hui il pleut
ça ramène les touristes en ville


la rue
est pleine
de pétards mouillés


comme ma clope

2 commentaires pour “oh sûr”

  • amb55 dit :

    et quand le soleil revient la rue se remplit-elle à nouveau de poèmes ?

    rayons de poèmes sur les pavés usés rayons de mots sur les vitrines irisées rayons de miel sur les coeurs qui s’éveillent rayons de vélo sur la rue au soleil

  • aguillaume dit :

    pas toujours

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