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deux d’un coup et je vous fiche la paix pour la semaine (1)

les soupirs hydrauliques
l’enclenchement des portes
d’un bus de nuit
sous la pluie du boulevard
vous abandonnent toujours
comme après le passage
des fureurs du temps
ses crispations
tachycardies
sociales politiques
menaces
terreurs
avec le sentiment
que rien changera vraiment un jour
dans l’empilement des fatalités

qu’on peut que supputer
la trajectoire des roquettes
dans la prochaine zone du pire
en pariant bien fort
qu’elles tombent pas
trop près de nos calculs

alors que hurlent
les clignos de l’occident
qu’on dirait un flipper qui s’affole
qu’arrête pas de lâcher
des parties gratuites


qu’elles nous économisent
encore quelques coins
où on viendra pas nous chercher

derrière une vitre
l’oeil sur le jardin
arrêté par une goutte
qui ne cesse de renaître
au bout d’une feuille

et qu’abat son entêtant
ploc
ploc
ploc
dans l’eau du seau
bien après que la pluie
mouvement fantôme
a retiré ses rideaux


comme en encoignure
s’est retirée sans doute
une fille
que j’aurai bien aimé rencontrer


bah tant pis
elle aura attendu sous la pluie


mais le “poeme”
est là


4 commentaires pour “deux d’un coup et je vous fiche la paix pour la semaine (1)”

  • kohnlili dit :

    J’aime bien ces rythmes…. “Ploc,ploc, ploc…” Voir Un requiem allemand de Brahms… Tout un peuple descend à pas lents dans l’ombre…

  • DEB dit :

    Une fille sous la pluie, de nuit, une “passante” qui passera…

    Je ne l’ai pas rencontrée non plus, ou bien j’ai oublié.

  • amb55 dit :

    Alain, il me faut toujours relire à deux fois tes poèmes pour arriver à m’en imprégner. Une fois arrivée à la fin, je reprends au début, et là, ploc ! le déclic se fait.

    C’est normal docteur ?

  • aguillaume dit :

    c’est fait pour,amb

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