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ceci n’est pas un poeme (2)

hier présidait aux manchettes de ce journal
son éminence
l’embagouzé Philippe Sollers


minute
j’ai l’air comme ça de me foutre de lui
mais j’enlève pas deux trois virgules
a la moindre de ses réflexions
ibid pour BHL
beaucoup moins en son temps
pour Jean -Hedern Hallier

mais ils ont/avaient en commun

en depit des passés
qu’ils ont toujours pourfendu au coeur
dont ils ont toujours été prompts
 a faire table rase
d’être les chanceuses survivances
de l’ancien regime
a savoir:
être bénis par un coup de bol magnifique
une aura royale
un projo divin
qui les nimbe depuis le berceau


en somme
la bonne fée
the good luck


avoir tiré le bon numéro
a la loterie cosmogonique
de la bonne naissance
la bienveillante extrace


en un mot
 être beaux
intelligents
cultivés
brillants
talentueux
raffinés
incisifs
lumineux
épéistes
prescients
pressentis
choyés
élus
parrainés
riches
célèbres
 voix que l’on écoute
 paraphes que l’on remarque
au bas du présent
et qui compteront
au bas de l’avenir
même allongés
ils seront pas tout a fait morts

privilège de pousser
 un jeton d’immortalité d’avance
sur l’humanité laborieuse
en expectative attente
devant son café croissants
dans les matins hivernaux
quand un enmerdeur
laisse la porte du café ouverte


la bonne fée
vous-dis-je


avoir rencontré
connu aimé
des femmes
belles
intelligentes
cultivées
brillantes
talentueuses
raffinées
incisives
lumineuses

and so and so


toujours la bonne fée


alors
que demande le peuple
la lune?
bien tout ce qui lui reste



on the curb
peuple reste
peuple est


a la roulette génétique
lessivé
repassé toujours


a lui les rencontres improbables
les passions veules
les destinées verrouillées
les plaisirs mesurés
les joies incertaines
la télé en fin de course
au son qui deconne
qu’on s’entend plus
les femmes dépressives
les gosses qui braillent
les horizons qui rétrécissent
les bonnes et les mauvaises journées
qui jonglent avec l’angoisse
l’étain des nuages
et les monocles d’eclaircies
entre l’attente aux caisses
les pneus a changer
et la petite pute en fin de mois


oh je dis pas ça par jalousie
ressentiment social
accablement de classe
son determinisme
(quel doux mot ,beuark!)
(je suis pas fan de Bourdieu
et sa prose couleur muraille
compilatrice des fatalités
entasseuse des tristesses
aussi somnolentomonotone
que les dialogues de la nouvelle vague)
ni par abus de pernod populiste
avec cette raucité
en fond de gorge
des laissés sur le parking
le cric a la main


force est d’avouer
une frontière au quotidien
infanchissable
invisible
toute herissée pour lui
pleines de tessons de bouteilles
et de serpents a sonnettes
au peuple

sous toutes les latitudes
régimes
révolutions
un no trespassing congénital
qui l’empêchera toujours
de rejoindre le club
des immunisés a la sueur au sang
au goût d’en finir
ou plutôt
que ça finisse
le plus tôt possible
au bout des découragements
rongeurs d’espace
et de viduité immense
quand il essaiera de fourguer
un lot de superbes “france loisirs”
sans jaquette
au prochain vide grenier


pour lui
 au jeu des huit milliards d’erreurs


c’est un juste
un peu plus dur

4 commentaires pour “ceci n’est pas un poeme (2)”

  • cafeine dit :

    “ceci n’est pas un poème”, ni une pipe dirait Magritte

  • Journalism Wall Street Journal Viewpoint Media Player dit :

    Journalism Wall Street Journal Viewpoint Media Player…

    I didn’t agree with you first, but last paragraph makes sense for me…

  • angoustrine dit :

    Wall Street! où estl’erreur? Et à Sollers, il sera beaucoup pardonné d’avoir crée Tel Quel ( mais oui, mais oui!), d’avoir épousé Julia Kristeva, la beauté, la grâce et le savoir incarnés, et d’avoir , quand mêm, été un gros emmerdeur! BQM

  • aguillaume dit :

    question wall street,y a erreur effectively.POur en revenir a Sollers,ce qui m’a un peu fait bondir c’est qu’il a avoué avoir echappé a la guerre d’algérie grace a la bienveillance de Malraux.A la meme époque,mon oncle,poete ecrivain de petite renommées crapahutait dans les commandos disciplinaires auxquels il avait été condamné pour avoir refuser de tourner la manivelle de la gégène…je dis ça juste pour illustrer qu’il y a/aura toujours des gens bien nés,de bonne position, qui echapperont toujours aux turpitudes de l’existence et ça me parait pas près de changer…

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