logo

c’est qu’a l’oreille ils sont encombrants

a vingt ans
unis par le verbe
j’avais deux dieux
Celine et Ferré


au demi-queue
de cette boite chicos
face a la plage de Biarritz
je jouais chaque soir
la mémoire et la mer
que sont mes amis devenus
la mélancolie
thank you satan
nous deux


cinq chansons
vingt sacs


ça passait pas mal
j’avais revu les harmonies
et pas besoin d’être Horowitz
(Ferré est au piano
ce que Brassens est a la guitare)
mais incapable j’étais
d’ecrire deux vers
dix notes
qui ne ressemblent
aux arpèges liquides
ou brusquement heurtés
du simiesque sorcier


ou trois bouts de prose
qui ne s’exclament a tout bout de champ
tout bout de phrase tripointée suspendue


du phagocytage
de l’envoutement maladif


de cette époque
fin soixante-quatorze
je n’ai PLUS JAMAIS
effleuré la dentition
du moindre piano droit
pas écrit une seule ligne


il était temps d’aller gagner sa vie


il y a trois ans
que je me suis risqué
a piquer une brasse
en exorcisant bien
priant très fort
qu’on entende pas dans mes conneries
les accents de ma famille rapprochée


c’est qu’a l’oreille
ils sont encombrants
et bien obstinés crampons


Celine et Ferré

Un commentaire pour “c’est qu’a l’oreille ils sont encombrants”

Laisser un commentaire

Si vous possédez un blog SudOuest, connectez-vous auparavant pour ne pas avoir à entrer ces informations.

Fermer
Envoyer à l'email