logo

rencontre un couple

rencontre un déjà vieux couple
avec des tetes empâtées
de mari et femme
 devenus
que je connais de vue
depuis trente ans
quand on leur donnait
amants
le soleil en décapotable
sur la radieuse milky way de l’expansion

le mouvement s’est ralenti
ils ont “pris de la surface”
semblent a l’âge enlisé
avec des problemes
de transmission
d’héritages
on les dirait
aerant cette maison
qu’ils ouvrent les derniers
volets
d’un grincement qui se fige
sur un avenir off limits
qui veut triompher des ombres


si ca pouvait demeurer
qu’un contraste
un decalage temporel
melancosouriant
a la Sempé
je vous en ferais un dessin
si j’avais la main
mais c’est le monde
dans sa terrible evidence
qui n’avance pas
qui se repète

avec ses crepuscules qui vous ensablent
plus vite qu’on croyait

la vie
elle reste au  galop
sur les placards publicitaires

3 juin 2009 - 1 commentaire
Classé dans : art/culture Tags: none

l’insurrection a venir

viens d’en finir avec le brûlot
dont tout le monde semble parler
jusque dans les officines policières
et surtout
comble du gag
prendre au SERIEUX

l’insurrection a venir

beau texte
bien sérré
bien boulonné
et une touche d’humour au début:
“”le futur n’a pas d’avenir”
est devenu la sagesse 
 de notre époque,qui en est arrivée ,
dans son extrême normalité,
au niveau de conscience
des premiers punks”

mais côté rigolade
ça s’arrête là

et toute de suite
on sort une belle mitrailleuse
flambant neuve
pour écrire le constat
du ici et maintenant
a la rafale
a la froide arrogance
et sans réplique aucune

joli tir
beau staccato

la prose est parfois belle et musclée
pour qui aime la littérature de manifeste
et veut bien se laisser
arsouiller avec la musique
des grands et gros mots
pouvoir/liberté/oppression
parfois ca redresse l’echine
placés comme il faut
et les auteurs sont habiles
profonds et souples a la fois
le rythme
est tenu
et a retenu ma retine
bien cramée au petit lettrage
de ce tract
dense
et poétique souvent
dans les sept premiers cercles
d’une descente aux abîmes de l’occident
et qui n’est pas sans rappeler
les premiers Le Clézio
(la guerre,les géants)

mais où ça se gâte
c’est la fin

une ennivrance
une fin de banquet

grosso résumé


après l’effondrement du “système”
du chaos naîtront de nouveaux rapports
entre les êtres humains
dans une renaissance de communes

là c’est plus de l’angelisme
c’est de la regression adolescente
l’an O1 grotesque
des “jean-jacques roussoteries”

décrochage mental
illuminations
autisme
dernier étage de la fusée
en couillonnerie géostationnaire
qui s’éloigne de l’evidence
la triste evidence:
 la bien probable guerre civile
aux ceintures de nos villes
devenues
mexicano-frontalières
ou sarayevotes
avec la disparition progressive
de l’”état policier”

mais que le “pouvoir”
(histoire de parler parannoiaque)
s’émeuve

de cette plaquette “prophétique”
écrite par un comité invisible
comme il y eut une eglise invisible
par un carré de pélerins de l’apocalypse

ça méritait pas
sept mois de cabane

peut-être une analyse de texte
et encore

devant tant de candeur
aurait suffit
un haussement d’épaules paternaliste
suivi d’un doigt sur la tempe
a la rigueur
 


31 mai 2009 - Aucun commentaire
Classé dans : art/culture Tags: none

tony benett


sur cette sequence
que voilà un jazz qui respire
rythmique béton
countbasienne
tu peux pas la rater
ca rigole pas
le guitariste d’ailleurs
s’y risque pas
mais ses chorus sont a l’heure
ibid le vieux Ralph au clavier
quant au type argenté
et costard bleu
celui-là
tu peux le mettre au défi
piocher dans le grand songbook
de l’amerique
des thirties a la fin du siècle
il connait tous les lyrics
déclinés sur tous tempos
ce vieux beau
une vraie “library”

avec ses airs qui balancent
entre le clergyman défroqué
et le retraité des casino
en vacances a Miami
c’est bien le dernier
après Frankie
of course
qui fait rouler a la spatieuse
la mélodie
quand elle était américaine
comme sur le velours
du tapis
les dés
in a mellow tone
tony benett

“that’s the way to live”
oh yes
et comme ca devrait
jusqu’a la fin

encore un peu de temps
et riche de rien
partir encore
une californie dans la rétine
avec le sourire aux normes
crispé/factice
du rêve americain
sa machoire carrée
invincible 

la baraka bronzée

pas sûr qu’elle revienne
en ces temps incertains

Installez le plugin Flash pour voir l'animation : Cliquez ici pour le télécharger











 

24 mai 2009 - Aucun commentaire
Classé dans : art/culture Tags: none

et Monk toujours

si monk avait vécu
dix ans de plus
que serait devenu
just a gigolo

vers quel grand trait
dernier lâcher de truelle
sous quelle pluie de dés
quelle ultime vibriodissonance
il aurait  implosé en plein vol

chasseur en feu
qui perd une aile
une autre
sous les éclats
d’humour triste
de ce très grand
clown noir
qui cassait
inversait la légende
prenait la revanche
sur le clown blanc


Monk

c’est pas du détournement

de la piraterie d’instrument

de la pitrerie musicale
de la parodie bouffonne
il est pas là pour se moquer du son
ironiser d’une pirouette
avec la condescendance
d’un arbitre des élégances

un flambeur d’instant Monk
un joueur
rien qu’un joueur
impair et manque
jeteur amusé de sort
qui balance du sucre
ou des piments
saupoudre a la taquine
mine de rien
d’une pichenette…ci…là
au-dessus du fourneau bouillant
le hasard divinatoire

voir a la seconde
ce que ça donne
comment que ça sonne
juste pour rigoler

just a gigolo

Installez le plugin Flash pour voir l'animation : Cliquez ici pour le télécharger

6 mai 2009 - 1 commentaire
Classé dans : art/culture Tags: none

“scie”a rallonger la rêverie

ah je me l’aurais cogné
maintes fois
somptueux
bâclé
déconstruit
sous toutes déclinaisons
ce truc de Monk
(dont les premières notes
seraient de Gillepsie
selon de sourcilleux exegètes)

qu’importe

il tombe

pile:

’round midnight

Benson/guitare
Tyner/piano

relecture qui prend pas la tête
seulement la fuite
sur quelques notes
qui demanderaient
quelque arrêt/respiration
sous les doigts
un peu “trop pros”de Benson
mais quoi
c’est quand même
du salement bon boulot

et les mains de Tyner
a soixante dix et plus
comme ceux de Peterson
a quatre vingt filés
ça
a regarder
c’est de l’espérance

je voulais dire
en l’homme

des vieilles et grandes mains qui rigolent
sur un clavier
c’est un accomplissement
d’élus
de vainqueurs de mort

pour dire quoi
et de plus
qui n’ait été
mais qui tombe au mitan
au bon moment
d’un après-midi de printemps
bien installé de soleil
juste pour flasher
un arrêt du vent
par les feuilles immobiles
de mon arbre
penché par la tornade
et qui me fait désormais
paravent aux voisins
comme quoi
les catastrophes ont du  bon

pour dire quoi
et plus
qui n’ait été
et que ce dernier “’round”
cette “scie” a rallonger la songerie
en filant par la fenêtre
va encore dire


Installez le plugin Flash pour voir l'animation : Cliquez ici pour le télécharger

2 mai 2009 - 2 commentaires
Classé dans : art/culture Tags: none

tiens ,tu veux entendre un sorcier?


un chaman “in progress”
un  pinceur d’acier
qu’a commencé
dans le blues
le rock
qu’en a gardé au poignet
des attaques texanes
pour un jour s’echapper
dans la flamboyance rauque du jazz
de concert
avec
la gorge de fer
de miles davis?

là tu vas voir
au départ
c’est une jeep
qui hoquette dans les dunes la nuit
bute soudain
sur du fil de fer
secoue le grillage
s’y cogne
redemarre
écarte
troue d’un chorus
le métal du ciel

et bien salement servi
par le type a la vaisselle
générateur impavide
et vrombissant
qui tire le fracas du convoi

de john scofield

après
plus que de la tôle ondulée
allumée a blanc
dans le poudroiement
le long des routes
qui mènent a Houston


comme aurait dit Blier/Audiard:
une épée
un mec legendaire

Installez le plugin Flash pour voir l'animation : Cliquez ici pour le télécharger

20 avril 2009 - 2 commentaires
Classé dans : art/culture Tags: none

moments rares

a se coucher tard
on chope des instants bizarres
enfin
inattendus

schloc!

plus une veilleuse
soufflées les ondes
noir total
alors flamme de briquet/compteur
dooooooucement le renclencheur
et niet
point de lumière n’est
panne de secteur unilatérale

tâtonements et ténèbres
j’entrebaille la porte d’entrée
confirmation du blackout
silence
a deux heure du mat
la rue découpe
des tranches d’ombre et d’argent
un souffle
une main de magicien
a tout éteint
les morts du voisinage
se sont apercus de rien

je retâtonne les ténèbres
me cogne a un coin de table
retrouve mon whyski
et m’abats sur une chaise
dans la plus voluptueuse
des paix
moments rares a faucher
dans le silence débité binaire au tac /tac
electrique d’une pendule

bien sûr
je vous vois venir
autant que vous me voyez arriver
il va enchainer
c’est couru
sur des morbideries faciles
qui finissent par lasser

eh bien non

et pourtant
j’ai tous les éléments contre moi
le décor complote
les irritantes secondes
a la pendule electrique
l’obscurité entière
qu’a bombardé les toits
les cheminées
d’une déflagration silencieuse
et me laisse en bénédiction
deux rais de nickel
par la véranda
et en main
de quoi m’allumer

ô combien non

jamais plus apaisante des solitudes
en cadeau   
depuis quelques mois
et quelques couloirs d’hosto
lâché qu’il me soit
ca se refuse pas

jamais
je changerais
cette descente
cet atterissage
de grâce et de trêve
de plenitude et d’armistice
ou l’on n’a plus peur
du pire
(le temps la maladie)
ses mille gueules inavouables
insoupçonnées
insoupçonnables

contre un séjour au soleil
aux secheylles
ou a Marrakech

tac /tac /tac/ tac/tac/

 

22 mars 2009 - 8 commentaires
Classé dans : art/culture Tags: none

ca pourrait s’arrêter comme ça


sur un livre ouvert
de Carson Mc Cullers
a part une bio
en dos de couverture
je connais pas grand chose d’elle
mais c’est mieux comme ça
je garde mieux
plus vive
la silhouette
d’un être fragile et singulier

ou Pedigree  de Modiano
que je relis une fois fini
comme si il me fallait a tous prix
ressauter  dans le manège
aux envoutements
aux entêtements
me fallait encore ma dose
de clairs-obcurs et d’obsession
de mystères et ombres
infinies d’années noires

ou les poemes a Lou

“Houhou la très gentille
Est morte entre des draps très blancs
Pas seule dit Bebert dit l’Anguille
Narcisse et Hubert le merlan
Près d’elle faisaient leur manille”

on s’en lasse pas

ça pèse pas

“Les yeux dansants comme des anges
Elle riait elle riait
Les yeux très bleus les dents très blanches
Si vous saviez si vous saviez
Tout ce que nous ferons dimanche”

musicien hors pair
l’Apollinaire


oui ca pourrait finir comme ça
a la clope fatale
en contemplation
de petits miroirs
qu’essayent d’accrocher
du ciel ou des tenebres
deux trois éclats de vérité

y a des morts plus brutales
ou infiniment 
raffinement plus lentes
des pas enviables
j’écarte/évite
même en rêve

mais ca pourrait finir comme ca
ca s’invite
comme un oiseau
piégé par le plafond
que t’arrive pas
plus effrayé que lui
a delivrer d’un piege de rideaux


ca pourrait finir comme ca
pas très heroique
en repicorant/clopant
dans trois bouquins épars
aux alentours du cendrier
des becquées
de musique
 
y a morts plus brutales

13 mars 2009 - 4 commentaires
Classé dans : art/culture Tags: none

haut le soleil

ce matin dans une brocante
un vieux gitan
rond et moustachu
arrache de vieux reflexes
des nostalgies 
sur les ”feuilles mortes” manouchées
des cordes d’une Selmer
au ventre délavé

 une vraie aniquité art déco
sa Selmer
elle aurait pu arrêter
une seconde
l’oeil de Picasso
mais il veut bien me la prêter

j’y vais mollodélicat/ballade
d’un “polka dots and moon beans”
j’aime leurs manches étroits aux Selmer
veritables coupes-doigts dans les aigus
mais ca sonne
sonne de loin
c’est du matin clairet
sous trois  accords chiadés
a l’ouvert a l’étouffée

cigarette a la voluptueuse
ça va
il est rassuré/sourire
je la lui massacre pas
la Selmer

je m’enroule en plus délié
les glissandos
d’un petit desafinado
et par mes doigts
que je retrouve parfois
 qu’il m’arrive de croire
encore pas trop du dimanche
mais qu’ont renoncé
depuis belle
a la caravane et au vent
il se forme un attroupement

y a de jours comme ça
le ciel se dégraffe

suffit d’être 

juste en dessous
in time

hé!hé!
haut le soleil ce matin

12 mars 2009 - 1 commentaire
Classé dans : art/culture Tags: none

mais comment leur dire


des couples  empesés   
avec/sans enfants
regagnent leur dimanche soir
d’une nonchalance résignée
tristes/gais
fatalistes/joyeux
enjoués/inquiets
maussades
selon
comme je regagne mon dimanche soir

le ciel tire encore
une plaque d’hiver et d’étain
et je sais pas quoi
leur souhaiter
je sors de chez mon dealer

rien sans doute
mais c’est pas sûr
dix vingt ans
moins peut-être
et c’est suffisant
pour pas parler
la même langue

la bonne confiture marocaine
j’y ai pas touché depuis quatre  mois
pas que j’y pensais pas
des soirs y avait autant de chevaux
que sur le papier peint
qui rigolaient
démultipliés en diables
insolents caracolant
qu’est-ce que t’attend le mort?
tu la veux ou pas
franchir  une fois
la colline
et ce qui au-delà
reste de steppe
oh le mort on te cause!
disaient
les autant de chevaux
que sur le papier peint

hier soir
ils ont juste hennis
un plus fort

et contre tous sensement avis
et des plus experts
(comprendrais jamais que l’on veuille
 nous sangler d’assistance forcée
a l’ennui
nous empêcher d’arrêter
quand on le veut
le chrono)
on  ironise/ricane
sur les implacables pisses froid
 les glaciaux hygiénojansénistes
qui voudraient
tout nous interdire
rapporteurs en statistiques fatales
on s’entend  juste d’un rire
avec mon dealer
qu’est comme moi
ni plus
ni moins
accroc a la roulette
du briquet magique
et masque d’un sarcarsme
soufflé sous le tapis
un ticket de train d’enfance

on s’est juste entendu d’un rire

mais je sais pas comment
a ces couples  empesés  
avec /sans enfants
a la nonchlance résignée
leur dire
en sortant de chez mon dealer
l’irréparable gouffre qui les éloigne
les mensonges patients
et las
qui s’accrochent a leurs pas
quand leur/la vie avance pas

en sortant de chez mon dealer
j’ai une envie forte
de baiser
comme les autant de chevaux
que sur le papier peint
avec une joie brusque
féroce
mutante
après quatre mois d’isolement
et d’enclos
mais je renonce au volant
et rentre en marchant
sous la plaque
d’hiver et d’étain

comment leur dire
en sortant
de chez mon dealer
mais comment leur dire
quand déjà
ralentissent en silence
au bout du dimanche
sans passer la colline
et ce qui devait
au-delà rester de steppe
les autant de chevaux
que sur le papier peint

9 mars 2009 - 1 commentaire
Classé dans : art/culture Tags: none
FireStats icon Contenu créé par FireStats
Fermer
Envoyer à l'email